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Ole Gunnar Solskjaer / Mikel Arteta : où quand l'image prime sur les résultats.

En renversant l'Atalanta Bergame hier en Ligue des Champions (3-2 pour Man U), les Reds Devils ont probablement sauvé la tête de leur manager Ole Gunnar Solskjaer, une fois de plus sur la sellette et critiqué de toutes parts dans les médias. Dans le même temps, Mikel Arteta, "le disciple de Guardiola" est en train de transformer Arsenal en un club banal dans le plus grand silence...

"Baby Face Loser" VS "L'héritier de Guardiola".


C'est un article de Sofoot publié hier qui nous a mis la puce à l'oreille. Avant le match face à l'Atalanta Bergame, le mensuel s'en prenait, une fois encore et en suivant la tendance du moment, au manager de Manchester United Ole Gunnar Solskjaer. Celui qui était surnommé autrefois "Baby Face Killer" pour sa gueule de bambin couplé sang froid de tueur à gages devant le but devenait "Baby Face Loser" dans l'article de SoFoot. Pêle-mêle, Solskjaer serait un entraîneur incapable de diriger un effectif aussi impressionnant que celui de Man U et son équipe ne dégagerait aucun style de jeu. Cet article est dans la continuité de nombreux autres publiés depuis l'arrivée du technicien norvégien sur le banc de Man U en décembre 2018. Arrivé de Molde en Norvège sans grande expérience et en temps qu'intérimaire, Solskjaer souffre indubitablement d'un déficit d'image, dû aussi bien à un palmarès vierge qu'à la personnalité du bonhomme. Avec son air sympathique, l'entraîneur de Man U manquerait de caractère pour entraîner une telle équipe. Pour les habitués du championnat de France, son déficit d'image est semblable à celui dont souffrait Bruno Génésio durant son aventure lyonnaise. Arrivé lui aussi en tant qu'intérimaire, le toujours très souriant Génésio était systématiquement remis en cause au moindre mauvais résultat alors que son bilan était plus que convenable.

Le déficit d'image, voilà bien quelque chose que Mikel Arteta ne connaît pas. Débarqué à Arsenal en décembre 2019 en provenance de Manchester City où il était adjoint de Pep Guardiola, Arteta a rapidement été présenté comme l'héritier du génial entraîneur espagnol. A peine un mois après son arrivée, SoFoot lui consacrait d'ailleurs un grand article pour expliquer que, en 30 jours de travail, ce futur grand avait totalement transformé Arsenal, y compris sur le plan tactique. C'est bien simple, le "plaisir" était revenu à l'Emirates Stadium où une véritable "patte Arteta" se faisait déjà sentir. Dans le même temps, les bons résultats obtenus par Solskjaer à son arrivée étaient attribués au fait que le norvégien ait su "ouvrir les fenêtres" grâce à sa sympathie qui faisait grand bien à un vestiaire encore traumatisé des années Mourinho...


Les faits, rien que les faits


Pourtant, depuis le départ d'Alex Ferguson, Solskjaer est celui qui obtient le deuxième meilleur ratio de victoires à la tête des Reds Devils. Avec 55% de victoires, il fait mieux que David Moyes (53%) et Louis Van Gaal (52%) mais moins bien que José Mourinho et ses 58% de victoire. Toutefois, lors de la saison 2018-2019, le portugais était descendu à seulement 42% de victoire avant d'être licencié. Son limogeage précoce lui a donc vraisemblablement permis de garder un taux de victoires important sur l'ensemble de son parcours à Man U. Surtout, hormis ces chiffres, il faut se rappeler de l'état dans lequel était Manchester United à l'arrivée du "Baby Face". Ne proposant plus rien sur le terrain, les Reds Devils étaient totalement en perdition. Têtes d'affiche du recrutement post-Ferguson, les Fellaini, Alexis Sanchez, Lukaku, Lindelöf n'étaient plus que l'ombre d'eux-mêmes au même titre que Paul Pogba, Luke Shaw et même Marcus Rashford, tous les trois usés par les années Mourinho. Puis, avec l'arrivée de Solskjaer, les "stars en échec" sont parties et de nouveaux jeunes prometteurs ont été lancés, une première quasiment depuis l'ère Ferguson. En plus de relancer Shaw, Pogba et Rashford, Solskjaer a continué à faire confiance au jeune McTominay, lancé par Mourinho, et a donné sa chance à Brandon Williams, Tahiti Chong, Axel Tuanzebe, etc. Surtout, c'est à lui qu'on doit l'éclosion du jeune Mason Greenwood, en passe de devenir un joueur clé de l'effectif mancunien cette saison. Au final, le bilan de Solksjaer est plus que positif : en trois ans, il a replacé Man U parmi les géants d'Angleterre en conduisant les Reds Devils sur le podium à deux reprises consécutives en Premier League (2019 - 2020, 2020-2021), une première depuis l'ère Ferguson.

Dans le même temps, le bilan de Mikel Arteta est nettement moins reluisant. Si l'entraîneur espagnol a remporté la F.A. Cup dès sa première saison, il a terminé à deux reprises à la 8ème place en championnat. Avec un taux de victoires bien inférieur à ses prédécesseurs (52% contre 55% pour Emery et 58% pour les quatre dernières saisons de Wenger), il n'a pas su redonner à Arsenal son lustre d'antan et ce, malgré des investissements importants sur le marché des transferts. S'il est arrivé 5 mois avant Arteta pour 80 millions d'euros, Nicolas Pépé n'a jamais retrouvé l'éclat de ses années lilloises sous la direction du technicien espagnol. Et cette année c'est encore pire. Club le plus dépensier de Premier League sur le marché des transferts, Arsenal pointe pour l'heure à une triste douzième place, le tout dans une indifférence assez troublante. C'est bien simple, sous Arteta, les Gunners sont devenus une équipe "normale" de Premier League.


Rolls Royce et palmarès


Si l'on récapitule, on a donc d'un côté un homme qui a su remettre doucement mais sûrement son club à sa place, c'est à dire parmi les favoris en Premier League et en C1, tandis que de l'autre, on a le capitaine d'un bateau qui coule en silence. Et pourtant, le plus critiqué n'est pas celui que l'on pourrait croire. Avec les arrivées de Ronaldo, Varane ou Sancho, Solskjaer souffre encore plus cette saison de son image du conducteur de Twingo à qui l'on met une Rolls Royce entre les mains. Pourtant est-il tactiquement si mauvais que cela ? S'il est vrai que ses choix en cours de matchs ont parfois pu être discutables, on souligne encore bien trop peu qu'il est l'homme qui a mis Bruno Fernandes et Paul Pogba dans les meilleures conditions pour pouvoir tirer le meilleur de ce fantastique duo, là où l'arrivée d'Arteta a coïncidé avec une baisse de rendement des hommes forts de son effectif à savoir Aubameyang ou Lacazette.

A l'arrivée, cette saison devrait être une saison charnière pour les deux hommes. Après avoir brillé avec un effectif de qualité mais pas exceptionnel, Solskjaer va désormais devoir prouver qu'il peut se construire un palmarès avec une équipe de très haut niveau sur le papier. Pour cela, il faudrait néanmoins qu'on lui laisse la chance de prouver qu'il est, ou non, l'homme qui peut guider à nouveau Man U au sommet. Il n'est d'ailleurs pas inutile de rappeler que même l'illustre Sir Alex Ferguson avait mis six ans avant de remporter son premier titre de champion avec les mancuniens...

En ce qui concerne Arteta, les dernières semaines ont été difficiles puisque celui-ci a (enfin) commencé à voir son travail remis en question. S'il jouit d'une tranquillité qui nous paraît étonnante au vue des performances médiocres d'Arsenal sous sa direction, nul doute qu'il devra tout de même redresser la barre en championnat pour poursuivre son bail dans la capitale londonienne. Dans le cas contraire, il est fort peu probable que "l'héritier de Guardiola" résiste cette fois à la tempête.

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