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Rétro 1932 - 1933. Journée 14. Le sprint final est lancé !

Après une semaine de pause en raison de la rencontre entre la France et l'Autriche, le premier championnat de France était de retour ce week-end. Et, à cinq journées de la fin, le sprint final est définitivement lancé !


Préambule


La saison 1932-1933 marque le début d'une nouvelle ère pour le football français puisqu'elle coïncide avec l'adoption du professionnalisme et les débuts du championnat de France (pour en savoir plus, notre article sur cette adoption controversée est disponible ici). Pour cette première saison, les vingt clubs de l'élite sont séparés en deux groupes de 10, les vainqueurs de chaque groupe s'affrontant en fin de saison pour se disputer le titre de champion de France.


Statut quo à l'avant !


Mais qui craquera le premier ? Ce week-end, le mano a mano que se livrent lillois et marseillais depuis le début de saison dans le groupe A a repris de plus belle après une semaine de trêve internationale. Dans leur stade Victor Boucquey, les nordistes recevaient la faible équipe de Mulhouse pour une rencontre qui s'annonçait comme une simple formalité. Erreur ! Dans un match lent et décousu, les coéquipiers de Jules Vandooren livrèrent sans doute leur pire première mi-temps de la saison. Imprécis et maladroits, ils ne devaient de rentrer aux vestiaires avec un score nul et vierge qu'à la maladresse des attaquants de Mulhouse. Un peu mieux en seconde période, l'Olympique Lillois inscrivit finalement deux buts par Winckelmans et Varga et l'emporta finalement 2-1 après la réduction du score signé Woehl. Décevants dans le jeu, les nordistes n'en signent pas moins là un succès précieux puisque, dans le même temps, l'OM l'emporta aisément face à une bien triste équipe sétoise (3-1).

Dans le groupe B, c'est Antibes qui réalise la bonne opération du week-end. Le match entre Cannes et Sochaux ayant été reporté, les antibois avaient l'occasion de reprendre provisoirement la tête du groupe au leader cannois et ils ne l'ont pas manqué. Portés par un Louis Cazal auteur d'un doublé, les coéquipiers d'Alexandre Villaplane ont tranquillement pris le meilleur sur le C.A. Paris (3-0). Dans ce groupe B, si l'on excepte le triste 0-0 entre Alès et le Red Star, la journée a été placée sous le signe du spectacle avec notamment deux matchs incroyables : la victoire 7-3 de Montpellier face à Metz et le match nul complètement fou entre Fives et Rennes (4-4) !


Le match de la journée : SC Fives - Stade Rennais


Cela ressemblait un peu au match de la dernière chance pour le Stade Rennais. Quatrième du groupe B à deux points des leaders cannois et antibois avant la rencontre (sachant qu'une victoire vaut alors 2 pts), les Bretons se devaient de s'imposer à Fives pour conserver l'espoir de décrocher une première place synonyme de finale du championnat de France en mai prochain. Face à eux, les Fivois n'avaient plus d'autres buts que celui de faire plaisir à leurs supporters : relégués à 5 points de la tête du groupe à cinq journées de la fin, les nordistes étaient déjà irrémédiablement lâchés. L'affiche, alléchante sur le papier, a tenu toutes ses promesses.

En première mi-temps, alors que les Rennais semblaient prendre le meilleur sur leurs hôtes grâce à un jeu plus calme, plus posé, ce sont les Fivois qui ouvrirent finalement le score peu avant la demi-heure de jeu grâce à Cheuva, déjà auteur de son huitième but cette saison. Piqués au vif, les Rennais réagirent immédiatement et égalisèrent à la suite d'un superbe mouvement à trois entre Hervé Marc, Walter Kaiser et Julien Dominique, mouvement conclu par ce dernier. 1-1 à la mi-temps.

Après les vestiaires, les Bretons repartirent tambour battant : Kaiser, qui figure parmi les meilleurs avants de notre championnat, inscrivit un superbe but dès la 50ème qui permit aux siens de reprendre l'avantage. Dès lors, la partie devint folle : l'arbitre siffla un pénalty imaginaire pour Fives que Liberati transforma puis, quelques minutes plus tard ce même Libérati s'offrit un doublé ! Menés 3-2, les Rennais s'en remirent, une fois de plus, à leur fantastique duo d'attaquants : aidé par une faute de main de Vandevelde, Dominique s'offrit un doublé avant que Kaiser ne redonnent l'avantage aux siens ! Trois buts en cinq minutes pour le plus grand bonheur des spectateurs neutres. Les supporters fivois, eux, poussèrent jusqu'au bout leur équipe et, à quelques instants du terme, c'est finalement Cheuva qui offrit le point du nul aux siens. Un scénario bien cruel pour les Rennais qui, à moins d'un miracle, ne disputeront pas la finale de ce premier championnat de France de l'histoire.


Le joueur de la semaine : René Gérard


Et si le football français tenait là l'étoile qui pourrait le conduire au sommet du football mondial dans les années futures ? En tout cas, s'il est peut-être prémédité de l'imaginer déjà parmi les tous meilleurs, René Gérard-puisque c'est de lui dont on parle-, est assurément la grande révélation de cette première édition du championnat de France. Révélation ? Confirmation plutôt ! Car dès la saison dernière, le môme de 18 ans avait obtenu sa première sélection chez les Bleus pour un match face à l'Ecosse. Depuis, il n'a plus quitté le onze tricolore, même si sa dernière sortie face à l'Autriche n'était pas des plus brillantes. Mais qui est-il ce Gérard ?

Né à Montpellier le 8 juin 1914, il a fait ses débuts en équipe première au sein du SO Montpellier à l'âge de 16 ans. Joueur de poche à l'énergie inépuisable, le petit avant s'est tout de suite imposé comme un titulaire indiscutable dans son club et est devenu le chouchou de l'Hérault. Ce week-end, lors du festival de buts face à Metz, il s'est offert le premier doublé en pro de sa jeune carrière et a une nouvelle fois impressionné les observateurs. S'il est encore un peu frêle physiquement, nul doute qu'avec la qualité technique et l'abnégation qui sont les siennes, ce petit a une grande carrière devant lui.


Résultats et classements


Classement des buteurs :


1) Horacio Finamore (Red Star), Joseph Alcazar (OM), Karl Klima (Antibes) : 13 buts

4) Pierre Fecchino (AS Cannes) : 12 buts

5) Robert Mercier (Club Français), Walter Kaiser (Stade Rennais) : 11 buts

7) Julien Dominique (Stade Rennais), Istvan Zavadsky (SO Montpellier) : 10 buts


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