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Saga Brian Clough : Leeds la maudite (3/4).

Dernière mise à jour : 24 janv. 2022

A travers une série de quatre articles, Foot Universal vous propose de revenir sur le parcours hors du commun de Brian Clough, l'homme qui emmena le modeste club de Nottingham Forest sur le toit de l'Europe en 1979 et 1980.


Espoirs déçus.


En septembre 1973, c’est un Brian Clough dépité qui rejoint Brighton en Troisième Division. Pour cause, il vient de passer d’une demi-finale de Coupe d’Europe avec Derby à un retour aux tréfonds du football professionnel anglais en seulement trois mois. Si son adjoint Peter Taylor se plaît dans cette station balnéaire du sud de l’Angleterre, Clough passe l’essentiel de son temps du côté de Derby et ne vient diriger son équipe que pour les jours de match. Le reste du temps, il passe ses journées à boire en écoutant les informations, à l’affut d’un éventuel licenciement de MacKay de Derby County ou d’Alf Ramsey, le sélectionneur de l’équipe d’Angleterre. Pour MacKay, Clough se rend rapidement compte que c’est peine perdue. Après des premiers mois difficiles où il a dû affronter la grève des joueurs qui militaient pour un retour de Clough, MacKay a su remettre Derby sur de bons rails. En revanche, les résultats de l’équipe d’Angleterre sont décevants et Ramsey est plus que jamais sous pression. La non qualification des Three Lions pour la Coupe du Monde 1974 sera l’échec de trop pour celui qui avait conduit l’Angleterre à son unique sacre mondial en 1966 : le 1er mai 1974, Alf Ramsey est évincé de son poste de sélectionneur.

Une fois Ramsey licencié, Clough reprend espoir. Le poste de sélectionneur de l’Angleterre est l’objectif ultime de sa carrière et les observateurs font de lui le grand favori pour prendre la tête des Three Lions. Alors, Clough passe ses journées près du téléphone, à attendre le coup de fil qui lui délivrera la nouvelle tant attendue. Mais les jours passent et le coup de fil ne vient pas. Plutôt qu’un coup de fil, c’est un coup de massue que va recevoir Brian Clough : en juillet 1974, Don Revie, son grand rival de Leeds United, est nommé sélectionneur de l’Angleterre.


Rejoindre l'ennemi.


Piqué au vif, Clough accepte de prendre la succession de Revie à Leeds United. D’emblée, la tâche s’annonce difficile puisque Revie est une véritable icône à Leeds United. Arrivé en 1961 alors que le club était en deuxième division, il quitte Leeds en 1974 sur un second titre de champion d’Angleterre, après celui glané en 1969. Prendre la suite d’un tel entraîneur aurait été compliqué pour n’importe quel coach, comme nous l’ont montré récemment les difficiles successions de Sir Alex Ferguson et Arsène Wenger. Pourtant, cette succession est encore plus difficile lorsque l’on s’appelle Brian Clough et que l’on vient de passer le plus clair de ses dernières années à qualifier Leeds « d’équipe de tricheurs ». S’il est vrai que le Leeds de Don Revie avait la réputation d’être une équipe brutale, vicieuse, abusant des fautes et des simulations, l’aversion de Clough pour Leeds est profondément liée à son aversion pour Revie lui-même. Alors qu’il éprouvait pour lui une véritable admiration auparavant, Clough avait été profondément déçu par le comportement de Revie à son égard lors de leur première confrontation. (voir notre article sur les années de Clough à Derby County).


Lorsqu’il arrive à Leeds, Brian Clough a une ambition qui vire presque à l’obsession : faire mieux que Don Revie. Pour lui, cela signifie gagner « honnêtement » et réussir en Coupe d’Europe, là où Revie a échoué. Cependant, « Cloughie » va rapidement se heurter à des joueurs, qui, pour certains d’entre eux, lui vouent une véritable haine. Pour ne rien arranger, cette haine est réciproque ! Pour Clough, les joueurs de Leeds ne sont pas « ses gars » mais ceux de Don Revie ; Don Revie dont il s’efforce de faire disparaître l’héritage, en allant jusqu’à briser son bureau à coup de hache ou à interdire à ses joueurs de prononcer son nom. Ainsi, dès son premier entraînement, Clough demande à ses nouveaux joueurs de jeter toutes leurs médailles car celles-ci « n’ont pas été gagnées honnêtement »…


"Un jour terrible pour Leeds United".


Dans ce climat de défiance, le séjour de Clough va tourner court. Esseulé comme jamais puisque son fidèle adjoint Peter Taylor a refusé de le suivre dans cette opération suicide, Clough se met rapidement à dos ses joueurs et ses dirigeants. Lâché par ses troupes, il ne peut qu’assister impuissant au début de saison catastrophique de Leeds. Quarante-quatre jours après son arrivée, Brian Clough est licencié par Leeds United à la suite d’une réunion entre les cadres de l’équipe et les dirigeants. Malgré un bilan de trois défaites et un nul pour une seule victoire en cinq matchs, il prend la parole le jour de son licenciement et déclare : « C’est un jour terrible… pour Leeds United. » Toutefois, s’il n’a rien perdu de son sens de la répartie, Brian Clough est considéré comme fini en cette fin d’année 1974…


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