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Saison 1932 J.16 : l’Olympique Lillois en finale du championnat !

A deux journées de la fin, le premier championnat de France de l'histoire commence à délivrer son verdict : le 14 mai prochain, l'Olympique Lillois participera bien à la grande finale au Stade Yves du Manoir de Colombes.



Préambule


La saison 1932-1933 marque le début d'une nouvelle ère pour le football français puisqu'elle coïncide avec l'adoption du professionnalisme et les débuts du championnat de France (pour en savoir plus, notre article sur cette adoption controversée est disponible ici). Pour cette première saison, les vingt clubs de l'élite sont séparés en deux groupes de 10, les vainqueurs de chaque groupe s'affrontant en fin de saison pour se disputer le titre de champion de France.

L’OL assuré de finir leader, statut quo dans le groupe B !


Cette fois ça y est, l’Olympique Lillois disputera la finale du championnat de France ! Bien que battus à Sète lors d’un match de haute volée, les Nordistes profitent du nouveau faux pas marseillais à Nice pour s’assurer de terminer en tête du groupe A. Plus réguliers tout au long de la saison malgré leur déroute lors de la confrontation face à Marseille, les Lillois ont largement mérité de se qualifier pour la grande finale du premier championnat professionnel de l’histoire. Peu importe l’adversaire qui se dressera devant eux, les rouge et blanc devront être considérés comme les favoris de cette ultime confrontation tant leur équipe apparaît solide sur toutes ses lignes.

Cet adversaire en revanche, n’est toujours pas identifié. Ce week-end, Antibes a concédé un surprenant match nul à domicile face à Metz mais aucun de ses poursuivants n’en a profité pour reprendre les devants : l’AS Cannes, co-leader du groupe n’a pu obtenir mieux que le point du nul sur la pelouse du C.A. Paris tandis que Sochaux s’est incliné à domicile contre Montpellier. A deux journées de la fin, les quatre équipes citées peuvent encore croire en leurs chances.


Le match de la journée : FC Sète – Olympique Lillois


Il y avait du monde aux Métairies ce dimanche pour un choc au sommet entre le FC Sète et l’Olympique Lillois. Pour les Nordistes, l’enjeu de la rencontre était simple : valider leur ticket définitif pour la finale du championnat de France. Quant aux Sétois, il s’agissait surtout pour eux de confirmer leur redressement de ces dernières semaines en offrant à leurs supporters une victoire de prestige.

Ce match, qui promettait une opposition de style entre le jeu de possession des Sétois et la fougue lilloise allait voir un troisième acteur s’inviter à la fête : le vent. En première mi-temps, celui-ci poussait les Lillois dans le dos et permettait à ces derniers de dominer leurs adversaires. Toutefois, les attaquants nordistes tombaient sur un René Llense des grands jours dans les cages des méditerranéens. Impérial sur un sublime coup franc de Barrett et excellent face à Winckelmans, le portier des Dauphins était dans un jour où rien ne pouvait lui arriver : enfin battu sur une frappe lilloise à la demi-heure de jeu, il voyait la barre transversale venir à son secours.

En seconde période, c’était au tour des Sétois d’être portés par le vent. Bien que pratiquement réduits à dix après la blessure de Marcel Miquel, qui revint sur le terrain mais ne fut plus d’aucune utilité, les hommes du président Bayrou se lancèrent à l’assaut des buts lillois. Dès la cinquantième minute, Yvan Beck, de retour à son meilleur niveau, passa en profondeur pour Ali Benouna et devança la sortie du gardien lillois Robert Défossé pour marquer dans le but vide. La suite du match se résuma à un attaque-défense. Les Lillois poussaient sans relâche mais derrière, Fernand Cléron réalisait un match exceptionnel et lorsqu’il était dépassé, Llense continuait de multiplier les prouesses. Les minutes défilèrent, de plus en plus dures pour les Sétois mais, portés par un public en folie, ceux-ci allaient tenir jusqu’au bout et s’offrir ainsi une victoire de prestige. Quant aux Lillois, défaits pour la troisième fois de la saison, ils reçurent une nouvelle qui leur fit rapidement digérer cette contre-performance : l’OM ayant perdu à Nice, ils étaient assurés de disputer la finale du championnat de France.


Le joueur de la semaine : Walter Kaiser (Stade Rennais)


Mais où serait le Stade Rennais sans Walter Kaiser ? Voilà une question qui mérite d’être posée tant l’attaquant allemand de 25 ans marche sur l’eau cette saison. Débarqué en Bretagne il y a deux ans et demi après avoir tapé dans l’œil d’Adolphe Touffait, milieu rennais et recruteur à ses heures perdues, le buteur d’outre-Rhin fait incontestablement partie des meilleurs joueurs de notre championnat. Dimanche face à Alès, alors que les siens étaient menés 3-0 en 30 minutes de jeu, le buteur rennais a sonné la révolte à lui tout seul. Avant la pause, il s’offrait un doublé plein d’opportunisme en faisant une nouvelle fois preuve de sa science du placement. Echappant avec une facilité déconcertante au marquage de l’arrière alésien Smoker, l’attaquant breton reprenait de près des bons centres dans la surface et ne laissait aucune chance au gardien adverse. En seconde période, Kaiser paraphait son œuvre en signant un fantastique coup du chapeau. Grâce à ce triplé, le buteur permettait non seulement aux Rennais d’obtenir le point du nul mais il s’emparait aussi de la tête du classement des buteurs. A deux journées de la fin, il faudra que ses concurrents se lèvent tôt pour le déloger de son trône.


Résultats et classements :


Classement des buteurs :

1) Walter Kaiser (Stade Rennais) : 14 buts

2) Horacio Finamore (Red Star), Joseph Alcazar (OM), Karl Klima (Antibes), Pierre Fecchino (AS Cannes) : 13 buts

6) Robert Mercier (Club Français) : 12 buts

7) Julien Dominique (Stade Rennais), Istvan Zavadsky (SO Montpellier) : 11 buts

9) Hugh Wallance (Alès) : 10 buts

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